Les low-techs : kézako ?

Les low-techs : kézako ?

La low-tech (littéralement basse technologie en français) est un ensemble d’outils et de techniques simples, économiques et écologiques. Les low-techs sont pensées pour répondre aux besoins vitaux des populations : accès à l’énergie, à l’alimentation, à l’eau potable, aux déplacements des êtres humains, etc.

Photo by Markus Spiske

Une nouvelle philosophie

Les low-techs s’inscrivent dans une philosophie de vie où il ne s’agit pas de surconsommer pour répondre au moindre de ses besoins ni de se rendre dépendant d’outils complexes et plus ou moins fiables, issus des high-techs. Au contraire, les objectifs sont de gagner en résilience et en autonomie, tout en considérant nos besoins en technologie de la manière la plus simple possible… Ou encore de réduire ses besoins !

La philosophie low-tech en tant que telle n’est pas totalement incompatible avec l’industrie. Prenons l’exemple du vélo : il est difficile à construire et nécessite de nombreux matériaux et minerais, et de nombreuses machines et procédés qu’un·e simple cycliste saurait difficilement improviser. Mais une fois construit, il est facilement réparable avec des pièces détachées, ne nécessite pas de carburant et il permet de répondre à un besoin en déplacement. S’il est bien entretenu, un vélo est quasiment inusable et correspond totalement à la logique d’autonomie, de résilience et d’écologie propre aux low-techs. Low-tech ne rime donc pas du tout avec technologie rétrograde : il est hors de question de retourner à l’âge de pierre et de taper frénétiquement deux silex entre eux ! Les solutions restent plus simples, mais peuvent être utilisées pour des besoins complexes : générer de l’électricité avec une éolienne low-tech faite de récupérations par exemple.

Une fois construites, les pièces d’un vélo sont pratiquement inusables, si bien entretenues ! Il reste tout de même difficile de les fabriquer à la main sans processus industriel…

Photo by Florencia Viadana on Unsplash

Des impacts écologiques amoindris

Concernant les outils low-techs, leurs impacts écologiques sont naturellement réduits, de par leur utilisation (raisonnée) et de par leur conception (recyclée). Ils sont en effet peu coûteux et généralement construits à base de matériaux de récupération. Les intérêts sont divers : économie de moyens financiers et conscience écologique notamment. Souvent, les low-techs n’utilisent pas d’énergies fossiles pour fonctionner.

Les inventeur·trice·s cherchent à résoudre des problématiques concrètes de société le plus simplement et efficacement possible. L’optique n’est pas consumériste ni capitaliste, il ne s’agit pas de fabriquer des outils innovants pour les vendre. Les concepteur·trice·s rendent d’ailleurs souvent les plans de leurs inventions publics et gratuits, afin de les diffuser et permettre au citoyen ou à la citoyenne lambda de concevoir à son tour son outil… Et même de l’améliorer. Les personnes intéressées par un outil devront souvent mettre la main à la pâte et le construire elles-mêmes : le savoir-faire humain est privilégié. C’est d’ailleurs un bon moyen de réfléchir à la base du besoin, les outils sont rarement triviaux à fabriquer et le temps passé à la construction doit être rentabilisé. Ces technologies participent au bien commun : elles peuvent permettre d’améliorer la productivité d’un·e paysan·ne grâce à des outils plus ergonomiques, permettre de potabiliser l’eau (exemple avec ce filtre à eau en céramique), de conserver les aliments et bien plus encore.

Les acteur·trice·s du low-tech, concepteur·trice·s et utilisateur·trice·s, sont lié·e·s par cette envie de répondre à leur propre besoin de la manière la plus autonome et responsable possible. Ils/Elles reprennent doucement contrôle de leur environnement matériel. Aujourd’hui, combien sommes-nous à savoir réparer un ordinateur ? Et combien sommes-nous à être entièrement dépendant de cet espace numérique ? L’artisan·ne low-tech est capable de construire et réparer son outil, de l’améliorer et de cette manière garde son entière maitrise.

Exemple de low-techs et leurs usages à travers le monde

On trouve différentes low-techs à travers le monde. Comme ces technologies sont par définition locales, elles s’adaptent aux besoins des populations sur un endroit donné. Cela dépend aussi des matières premières présentes sur place pour la production des technologies : qu’utiliser et que recycler pour créer un outil ?

En Europe, le développement de low-tech agricole est en marche. Plus particulièrement, l’atelier paysan met à disposition en France depuis quelques années des plans de machines agricoles low-techs. Ces dernières peuvent être construites par les paysan·ne·s intéressé·e·s lors de stages organisés par l’atelier, ou en complète autonomie si leur niveau technique est suffisant. Les outils sont ensuite facilement réparables et adaptables aux besoins spécifiques de chacun·e. Ces plans sont open source : cela signifie qu’ils sont mis à l’entière disposition de la communauté et que chaque personne peut les adapter à ses besoins gratuitement. 

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L’atelier paysan permet aux agriculteur·trice·s de contruire leur propre machine agricoles. Ci-dessus, un exemple d’appareil à désherbage

Source: flickr de l’atelier paysan

Un engouement pour les tiny houses écologiques se fait également ressentir. Les tinyers construisent eux-mêmes des maisons de 20-25m² sur remorque et prônent un mode de vie simple et minimaliste – et cela se rapproche des principes low-techs. De nombreuses expérimentations ont étés effectuées par deux aficionados des low techs (voir cette page sur les habitats pilote du low-tech lab). L’objectif était de documenter les techniques et technologies à mettre en oeuvre pour limiter l’impact de son logement sur l’environnement. Les techniques sont diverses : utilisation de l’eau, conservation des aliments, recyclage de l’eau dans la douche, etc.

Photo by Andrea Davis on Unsplash

Sur le continent africain, le recyclage est de mise : le manque de moyens et d’infrastructures pousse les inventeur·trice·s à constamment innover pour avancer. Fours solaires aluminés, éoliennes recyclées, rien n’arrête leur créativité pour améliorer leurs conditions de vie avec les moyens du bord. Au Sénégal, des inventeur·trice·s ont cherché à démocratiser l’accès à l’électricité, encore difficile dans cette région du monde. Les concepteur·trice·s ont recyclé des moteurs d’imprimante, des moyeux de voitures, des tubes en métal et des pédaliers de vélo pour fabriquer une éolienne. Ces matériaux étaient disponibles sur place (à l’instar de la bobine aimantée qui génère habituellement l’électricité, qui n’était pas facilement disponible, car trop complexe). Et après 5 jours de travail, l’élaboration du prototype était complet pour des prix défiants toute concurrence !

Sources : Un tutoriel low-tech labun reportage sur medium.

L’éolienne low tech, par le low-tech lab

La question de l’ordinateur est importante dans cet écosystème. En effet, il est plus facile de chercher des plans, communiquer et créer des low-techs avec cet outil qui a pris une part de lion dans notre quotidien depuis les trois dernières décennies. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe aussi des ordinateurs low-techs. Le plus connu est le raspberry pi : cet ordinateur fait la taille d’une carte de crédit et est très peu coûteux à produire. Il est assez puissant pour une utilisation assez avancée, fonctionne sur un système d’exploitation libre et gratuit, et peut même être intégré aux sein même des low techs : sa petite taille permet de le glisser partout ou un ordinateur est nécessaire, pour commander des mouvements d’un automate agricole par exemple. Les possibilités offertes par ce dispositif semblent sans limites.

Ci-contre, photo d’un micro ordinateur Raspberry pi, photo par Jeff Loucks on Unsplash

Les mots clefs des low-techs

  • Autonomie : être capable de fabriquer, réparer, recycler soi-même ses propres outils
  • Ingéniosité : répondre à un besoin de manière créative et très adaptée
  • Écologie : ne pas (trop) polluer en fabriquant un outil
  • Économie : se baser sur le recyclage et sur l’utilisation de ressources disponibles, pour économiser de l’argent et épargner la planète
  • Communauté : créer pour et par la communauté, améliorer et communiquer autour des créations
  • Transition : les acteur·trice·s des low-tech croient à un avenir fait de sobriété et de simplicité pour améliorer les conditions de vie

Pour aller plus loin

Des sites qu’on aime bien

Agroforesterie : kézako ?

Agroforesterie : kézako ?

L’agroforesterie est l’implantation par les agriculteur·trice·s sur leurs parcelles (de culture ou d’élevage) d’essences forestières (en résumé : des arbres). Les plantes peuvent être complémentaires et mieux pousser en symbiose.

Les motivations d’un·e agriculteur·trice quand il·elle s’installe en agroforesterie peuvent être multiples : diversifier ses sources de revenus, préparer le financement de sa retraite, ou encore augmenter la productivité d’un de ses sols devenus moins fertiles au fil des années. Les rendements culturaux peuvent en effet être augmentés, ce qui se traduit par moins de charges pour l’agriculteur (moins d’engrais et d’irrigation) et donc par des avantages économiques et écologiques.

L’agroforesterie se décline en mille et une techniques et relève d’un art complexe. Mais l’expérience prime et permet aux agriculteur·trice·s d’obtenir des revenus similaires, voire supérieurs, lorsqu’ils connaissent les méthodes adaptées à leurs terres. Des exemples classiques d’agroforesterie pourraient être la culture de noyers en rangs dans les champs de blé ou les vergers potagers avec plusieurs arbres fruitiers entourés de légumes et de céréales.

Un petit peu d’histoire

Des propriétés naturelles

L’agroforesterie repose sur les propriétés naturelles des plantes. Dans la nature, les végétaux poussent rarement seuls : la richesse des forêts vierges nous donne une idée de cette diversité. Les écosystèmes se sont constitués sur plusieurs millions d’années. Les végétaux complémentaires se sont développés en symbiose : l’un fournissant de l’ombre, l’autre de la fraîcheur… Ces heureux mariages permettent souvent à la nature de produire des fruits et légumes en plus grande quantité ; la complémentarité des végétaux augmentant la productivité.

Parmi les principales raisons de la complémentarité de certaines plantes, on peut citer :

  • la manière de pousser de l’une qui peut aider la seconde à croître : le maïs fournit par exemple un excellent tuteur aux haricots ;
  • le fait que l’une des deux plantes repousse les insectes prédateurs de sa protégée et inversement : certaines plantes sont hôtes d’insectes ou d’animaux auxiliaires ;
  • des plantes (tubercules par exemple) libèrent de l’azote en se décomposant dans le sol, azote utile et nécessaire à la croissance de leurs voisines;
  • certaines plantations libèrent des substances intéressantes à d’autres dans la terre.

Une histoire millénaire

Jusqu’à la découverte de l’agriculture (8000 av. J.-C.) et la sédentarisation des humains, les peuplades de chasseurs-cueilleurs tiraient profit de cette organisation naturelle. Puis, l’humain prit peu à peu l’habitude de cultiver les céréales en monoculture, en supprimant ces liens naturels et si profitables entre les végétaux.

On trouve tout de même une trace de l’agroforesterie dès l’antiquité, où les céréales étaient plantées à proximité des oliviers en méditerranée. Le moyen âge est aussi propice à ce mode de culture, utilisé au profit de la monoculture. On imagine facilement que pour les cultures vivrières, disposer d’une diversité de culture était salutaire pour l’alimentation des hommes.

C’est dans le milieu du XXe siècle que les agriculteur·trice·s ont commencé à travailler la terre en monocultures massives. À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les agriculteur·trice·s étaient en effet largement incités par les politiques européennes à surproduire. À cette époque, les pesticides n’étaient pas très coûteux, fonctionnaient bien et les machines agricoles se sont démocratisées. Les rendements ont rapidement explosé et ont alors permis à la population de croître rapidement.

Malheureusement, ces procédés de production ont participé au déclin de la biodiversité, en supprimant peu à peu les arbres et végétaux présents sur les sites pour simplifier le passage de grandes machines agricoles. Ce phénomène s’est amplifié au XXIe siècle en Europe, notamment pour des raisons administratives lors du déploiement de la Politique Agricole Commune.

Photo par meriç tuna

De nouvelles problématiques

Le problème, c’est que depuis quelques années, les champignons et maladies sont biens plus résistants, les produits chimiques bien plus complexes, plus chers — et leur dangerosité est désormais plus connue… Paradoxalement, plus nous utilisons des pesticides, plus nous en avons besoin pour produire, c’est un cercle vicieux.

Certains agriculteur·trice·s ont alors eu l’idée d’intercaler des rangs d’arbres (à bois ou à fruits) en plein cœur de leurs monocultures (fruits et légumes, céréales, ou autre). Ils miment l’organisation naturelle des paysages d’antan. Ce sont souvent des rangs d’arbres espacés d’une quinzaine de mètres, avec un arbre tous les dix-quinze mètres : noyers, arbres fruitiers, bois précieux, etc. Les arbres retirent un peu de surface cultivable, car les machines agricoles ne peuvent pas passer entre eux.

Les agriculteur·trice·s se sont vite rendu compte des bienfaits de ces modes de culture remis au goût du jour : si les arbres mettent du temps à pousser, mais les conséquences pour le sol se font néanmoins sentir rapidement. Les racines des arbres favorisent la rétention d’eau des sols et limitent l’érosion ; elles permettent aussi de puiser l’eau plus profondément dans la terre. Les arbres aident les insectes auxiliaires (ceux utiles aux cultures, prédateurs naturels des parasites, fertilisateurs des sols, etc.) à se multiplier. Les besoins en produits chimiques sont alors amoindris par ce nouvel écosystème favorable et la productivité des sols améliorée. Les besoins en intrant sont diminués : eau, fertilisants, produits chimiques… Les pertes éventuelles de terrain cultivable sont donc très souvent compensées par le regain de productivité des sols.

 

Des exemples d’agroforesterie, tirés du site https://wikimedia.org

Un nouveau paradigme

Les agriculteur·trice·s rentrent dans un nouveau paradigme de culture: non seulement les coûts d’exploitation sont réduits, mais les arbres plantés sont valorisables. À moyen terme, leurs fruits peuvent être utilisés et vendus, ainsi que le bois de l’arbre après quelques dizaines d’années. Un noyer de quarante ans peut par exemple se vendre à 1500 euros l’unité pour l’exploitation de son bois. On comprend rapidement que l’investissement sur le long terme pourra permettre à certains agriculteur·trice·s de financer leur retraite.

Il est à noter que l’agroforesterie jouera a priori un rôle assez important pour le changement climatique. Les arbres recréent en effet un écosystème et créent une zone protectrice contre les aléas climatiques :

  • concernant la sécheresse, les arbres aident à la restructuration des sols en créant des porosités qui favorisent l’absorption de l’eau ; ils jouent donc aussi un rôle dans la rétention de l’eau et réduisent la chaleur sur les terrains.
  • concernant les tempêtes, les arbres peuvent avoir un effet coupe-vent, le vent pouvant coucher les céréales et baisser les rendements.

L’agroforesterie a un double rôle d’adaptation de l’agriculture au changement climatique (en rendant les systèmes plus résilients) et d’atténuation du changement climatique (en faisant office de puits de carbone).

Photo par Kai Pilger

Mise en pratique

Il existe des milliers de techniques d’agroforesterie différentes — une par terrain à exploiter, chacun ayant ses spécificités, son type de terre. Les principes généraux s’appliquent très souvent, mais l’expérimentation et l’apprentissage de son terrain priment pour l’exploitant. Parmi les paramètres à prendre en compte, on retrouve :

  • la stratégie de plantation : par exemple, dans le cas d’une plantation de blé et noyers, il peut être judicieux de planter le blé en hiver pour avoir plus d’ensoleillement (plus de feuille dans les arbres) ;
  • le choix de l’essence d’arbre à planter, qui relève d’une synergie entre les besoins de l’agriculteur·trice à un instant donné et les possibilités offertes par la nature et par les conditions climatiques (actuelles… et futures — l’essence de l’arbre doit être adaptée au climat de dans 15 années en prenant en considération le réchauffement climatique). Les questions que peut se poser l’exploitant·e sont nombreuses : souhaite-t-il·elle valoriser les fruits ? Plutôt le bois précieux après des années de pousse ? Quelles ont étés les stratégies employées par les exploitant·e·s précédent·e·s ? Les réponses influenceront fortement la réflexion et la conception du projet.
  • entretien : en agroforesterie, prendre soin de ses arbres est une évidence. L’exploitant·e doit se charger de les tailler pour leur assurer une croissance lente et stable, s’assurer de leur santé… Mais il ne doit pas en faire trop : l’arbre doit rester autonome et résilient. Par exemple, il faut éviter d’irriguer un arbre, de le tuteurer à outrance, etc. L’objectif est réellement de renforcer un écosystème, non pas de le perfuser.
  • les alliages de plantes : les forêts comestibles [2 p. 49] peuvent parfois compter plus de 300 espèces par hectare et sont réellement productives. Il ne faut pas limiter sa créativité… Tant que le terrain le permet  !

Enfin, il est à noter que l’agroforesterie n’est pas nécessairement biologique et peut être mise en place en agriculture conventionnelle.

Les mots clefs de l’agroforesterie

– Complémentarité : chaque plante dispose d’alliers naturels puissants
– Productivité : elle peut augmenter de 30 à 60% ! [1]
– Diversité : par opposition à la monoculture, les productions sont plus variées pour l’exploitant·e
– Fertilité : l’agroforesterie est bénéfique pour les sols très rapidement
– Biodiversité : les insectes auxiliaires et la vie en général vont se développer rapidement et dans de meilleures conditions
– Lutte contre le changement climatique : les arbres sont des puits de carbone très efficaces et ajoutent de la résilience aux systèmes agricoles

L’infographie qui résume tout

Pour aller plus loin

Des sites qu’on aime bien

https://www.agroforesterie.fr/agroforesterie-contributions.php : pour une définition de l’agroforesterie en 10 points et un schéma très clair smile

http://www.fao.org/3/i1861f/i1861f08.pdf : un cours très complet pour absolument tout savoir sur l’application de l’agroforesterie en Afrique, notemment pour lutter contre le réchauffement climatique !

Références

[1] : https://www.agriculture-nouvelle.fr/agroforesterie/

[2] : Dupraz, Christian, and Fabien Liagre. Agroforesterie: des arbres et des cultures. France Agricole Editions, 2008. 

[3] : https://infographies.agriculture.gouv.fr/post/98304007262 : Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt © Les infographies 2014–2020

Quels MOOCs suivre début 2020 ?

Quels MOOCs suivre début 2020 ?

Désormais très connus grâce aux plateformes Coursera ou encore France Université Numérique, les MOOCs, pour “Massive Open Online Courses” (ou encore “cours en ligne ouvert et massif” en français), sont des formations ouvertes à tou·te·s, disponibles en ligne pendant une période limitée dans le temps ou toute l’année. Ces supports interactifs sont l’occasion rêvée de se former à distance sur des problématiques diversifiées. Certains MOOCs fonctionnent sur le même principe que les formations présentielles : ils ne sont disponibles que de façon limitée dans le temps, formant des promotions d’apprenants.

Pour ne pas louper les dates, on vous partage ici les MOOCs à ne pas manquer en ce début d’année 2020 ! Et pour les têtes en l’air et les retardataires, on vous a également sélectionné des cours disponibles toute l’année.

Nous vous proposons sur cette page une liste de cours sur nos thématiques préférées, notamment : l’agriculture, le développement durable, la transition écologique, la consommation et les formes d’organisation sociales.

N’hésitez pas à nous suggérer des ajouts dans les commentaires !

Vite ! Les MOOCs du premier trimestre 2020 (et leurs dates)

Cliquez sur les  pour voir les MOOCs sur la thématique de votre choix 🙂

 

Agriculture
Agroécologie

Ce cours sur l’agroécologie, qui en est à sa 5e session, est proposé par Agreenium, l’institut agronomique, vétérinaire et forestier de France via la plateforme FUN. Au programme : l’émergence de l’agro-écologie, les différentes approches et mises en oeuvre pratiques ainsi que la transition agro-écologique. À la fin, il y a même un travail d’enquête pour les participants ! Ce MOOC est particulièrement intéressant car il a été conçu par une équipe très pluridisciplinaire : agronome, anthropologue, zootechnicienne, ecologue, sociologue, économiste.

Détails pratiques :

  • du 31/01/2020 au 16/03/2020
  • fin d’inscription le 20/02/2020
  • 4h par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Les techniques d’irrigation

L’Université de Liège propose, elle aussi sur FUN, un cours sur les enjeux et les techniques de l’irrigation, avec une mise en pratique grâce aux retours d’acteurs sur le terrain. Irrigation gravitaire, irrigation par aspersion, micro-irrigation : les différentes méthodes sont détaillées et remises en contexte selon les besoins.

Détails pratiques :

  • du 03/02/2020 au 06/04/2020
  • fin d’inscription le 03/04/2020
  • 4h par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Coopération agricole

AgroParis Tech propose (pour une 5e session) un cours sur le fonctionnement d’une coopérative agricole, sous divers formats (cours, témoignages, exercices, serious games). L’objectif ? Mieux comprendre les grands principes et l’histoire du mouvement coopératif, les métiers dans l’agriculture…

Détails pratiques :

  • du 09/03/2020 au 12/04/2020
  • fin d’inscription le 12/04/2020
  • 1 à 2h par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Semences végétales : quels enjeux pour notre avenir ?

Ce cours, présenté par agrocampus Ouest, s’attache aux enjeux des semences et des plants en revenant aux basiques : diversité des semences, sélection, culture. Il traite également au cours de ces 6 semaines de cours des questions de qualité, contrôle et des aspects juridiques et de propriétés intellectuelles sur le sujet.

Détails pratiques :

  • du 18/03/2020 au 28/05/2020
  • fin d’inscription le 21/05/2020
  • 2h par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Agricultures urbaines

Porté par Agreenium, ce MOOC (première session !) vise à apporter des connaissances non seulement techniques, mais aussi économiques pour la mise en place d’une activité professionnelle viable en agriculture urbaine. Pour cela, il s’attache au contexte et enjeux de l’agriculture urbaine et présente un état des lieux des bonnes pratiques en France.

 Détails pratiques :

  • du 13/04/2020 au 20/07/2020
  • fin d’inscription le 03/05/2020
  • 2h par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Economie et développement durable
L’Économie circulaire : une transition incontournable

Ce MOOC sur l’économie circulaire est proposé par l’institut québecois EDDEC (Environnement, Développement Durable, Economie Circulaire) et part du constat que notre modèle économique en croissance perpétuelle ne peut pas correspondre aux ressources fixes de notre planète. Il s’agit ici de comprendre l’alternative de production qu’est l’économie circulaire et son application : à la fois dans les entreprises, mais aussi pour les consommateurs, et jusque dans les villes et les territoires.

Détails pratiques :

  • du 03/02/2020 au 23/03/2020
  • fin d’inscription le 09/03/2020
  • 30 heures de cours, 4h par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Biomasse et Chimie Verte

L’Université de Liège nous présente les voies d’évolution verte de la chimie (biomasse, déchets, micro-algues) et la manière technique de convertir ces ressources. Ce cours sur la biomasse est très orientée chimie, mais elle aborde également les aspects économiques et commerciaux de conversion.

Détails pratiques :

  • du 03/02/2020 au 13/04/2020
  • fin d’inscription le 12/04/2020
  • 3h par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire même si des bases de chimie peuvent aider à approfondir
Comprendre et analyser les enjeux et les actions du développement durable

Proposé par Objectif 2030 (initiative de l’Institut de la Francophonie pour le Développement Durable), cette formation développement durable a été suivie par presque 25 000 francophones. Comme son titre l’indique, le cours réalise un panorama sur les questions du développement durable : concept, outils, étude de cas pratique, création d’une entreprise verte, entre autres !

Détails pratiques :

  • du 03/02/2020 au 29/03/2020
  • 8 semaines
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Économie et gestion de l’environnement et des ressources naturelles

Cette formation de gestion de l’environnement et des ressources naturelles fait également partie du programme d’Objectif 2030 et de l’Université Senghor. Face aux divers défis environnementaux et aux problèmes sociaux associés, quelle démarche adopter ? L’économie de l’environnement et des ressources naturelles tente de répondre à ces questions et de contribuer à la mise en place de politiques et d’institutions pour encadrer les comportements néfastes pour l’environnement.

Détails pratiques :

  • du 08/06/2020 au 05/07/2020
  • 4 semaines
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Évaluation environnementale des politiques et programmes de développement

Toujours co-construit par Objectif 2030 et de l’Université Senghor (promis, après on arrête !), ce cours évoque la durabilité des projets de développement et de la prise en compte systématique de la protection de l’environnement. Il traite notamment de l’évaluation environnementale et sociale pour la prise de décision, sous la forme d’outils et de méthodologies (analyse systémique, gestion de conséquences).

Détails pratiques :

  • du 31/08/2020 au 25/10/2020
  • 8 semaines
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Environnement
La participation du public dans le champ environnemental

Le saviez-vous : selon la charte de l’environnement, chaque citoyen·ne a le droit d’être informé et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. Ce MOOC détaille, pour une 6ème session, ces ordonnances et les moyens de participations, en amont (débats publics) et en aval (enquête publique)

Détails pratiques :

  • du 13/01/2020 au 23/02/2020
  • fin d’inscription le 14/02/2020
  • 3h par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Droit et protection de l’environnement

Initiative portée par Objectif 2030 et l’Université Senghor, ce cours vise à donner des clés en matière de respect de mise en oeuvre des politiques publiques environnementales. Le droit de l’environnement est une discipline récente en fort développement, qui gagne à être promu, notamment grâce à l’éducation de tout un chacun.

Détails pratiques :

  • du 04/05/2020 au 07/06/2020
  • 6 modules, 1 ou 2 modules par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Habitat & Energie

Les cours proposés ci-dessous sont portés par la plateforme MOOC Bâtiment Durable.

Construire en terre crue aujourd’hui

Ce cours s’adresse aux professionnels du bâtiment mais aussi à tout particulier curieux ou ayant un projet de construction. La terre crue est un matériau écologique, qui a de nombreuses spécificités et des techniques de construction variées.

Détails pratiques :

  • du 07/01/2020 au 11/02/2020
  • 1h30 à 2h30 par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Découvrir le bâtiment biosourcé

La troisième session de ce MOOC permet de se sensibiliser la variété des solutions biosourcés ainsi que leurs atouts.

Détails pratiques :

  • du 25/02/2020 au 10/04/2020
  • date limite d’inscription le 03/04/2020
  • 1h à 1h30 par semaine
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire

Pas encore ouverts : les cours à surveiller de près

Animaux
Vivre avec les autres animaux

L’UVED (pour Université Virtuelle Environnement  et Développement Durable) est l’une des universités numériques thématiques françaises et propose régulièrement des contenus de qualité. Ce cours a été construit par une des plus grandes primatologues du monde, Sabrina Krief, et Joséphine Lesur, archéozoologue. Au programme : comment définir les animaux, étude et histoire de nos relations avec eux, et ouverture des perspectives pour définir les bases de nos relations de demain.

Détails pratiques :

  • 3 semaines de cours, 27 vidéos
  • 1er trimestre 2020
Transition écologique
Métiers de la transition écologique

L’UVED (toujours) propose, à l’aide de la sociologue Dominique Méda, de faire un panorama des métiers liés à la transition écologique dans ce MOOC. Le cours présentera les différents métiers et formations dans différents secteurs d’activités directement liés ou non à la transition écologique. Des projets seront aussi détaillés pour rendre les métiers plus concrets.

Détails pratiques :

  • 4 semaines de cours
  • le MOOC s’adresse prioritairement aux lycéens, mais il doit également être intéressant pour la culture personnelle et la reconversion

 

Les MOOCs disponibles toute l’année

Agriculture
Santé des plantes : de l’observation au diagnostic

Ce MOOC, conçu par Agrocampus Ouest et la Société Nationale d’Horticulture de France aide à comprendre le fonctionnement des plantes : identifiation des ravageurs, des maladies, relation plante-animal… Proposé sur FUN, il n’y a pour l’instant pas de session ouverte, mais il est possible de revoir les vidéos sur le site d’Agreenium. Il s’adresse aux professionnels, aux jardiniers occasionnels et aux curieux.

Détails pratiques :

  • 6 semaines de cours (~ 1h/semaine)
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Consommation
Zéro Déchet

Lancé en septembre 2019 sous un format hybride (en ligne, mais aussi des conférences et des rencontres), le MOOC Zéro Déchet a été co-construit par Zero Waste France et l’Université des Colibris. Le MOOC est assez ludique grâce à des contenus variés (fiches pratiques, exercices… mais surtout des défis à la fin de chacun des 12 modules (faire sa lessive maison par exemple) !

Détails pratiques :

  • 12h de formation en ligne environ
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Alimentation saine & durable : le coaching

L’association Génération Cobayes nous propose avec ce cours sur l’alimentation de décrypter notre façon de nous nourrir pour limiter notre exposition aux éléments exogènes (perturbateurs endocriniens notamment), s’informer sur l’impact de notre alimentation en termes environnementaux et surtout nous donner des astuces et des conseils sur la façon de se nourrir sainement et simplement, avec notamment des vidéos recettes.

Détails pratiques :

  • 3 modules de 45mn environ
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Climat
Energie et climat

Le MOOC Energie et Climat, construit par Avenir Climatique et l’association Bilan Carbone en 2017, se décompose en 3 saisons : une sur la compréhension du changement climatique, composée de 5 vidéos d’une quinzaine de minutes, une sur le CO2 et l’utilité du bilan carbone et un dernier volet consacrée aux freins de la transition. À la fin, les connaissances peuvent être testées à l’aide d’un quizz.

Détails pratiques :

  • 5h de formation en ligne environ
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire
Habitat & Energie
Concevoir une oasis

Ce “parcours citoyen”, créé (en toute logique) par l’Université des Colibris, se décompose en 3 modules :

  • Le premier module s’intéresse à l’émergence du projet en revenant sur le concept d’oasis et la clarification de la raison d’être d’un tel projet, à l’aide d’étude de cas
  • Le second module est dédiée à l’aspect humain d’un projet d’oasis et donne des clés et des outils pour gérer les relations dans ce cadre (gestion des conflits, communication interpersonnelle, intégration des personnes…)
  • Enfin, après avoir traité le facteur humain, le troisième module se concentre sur le montage technique du projet, avec les aspects juridiques et financiers, mais aussi architecturaux et de gestion des ressources.

Cette série de cours a été conçue par des formateur·trice·s divers·es : fondateur·trice·s d’oasis, spécialistes en permaculture, avocat·e·s…

Détails pratiques :

  • 3h pour le premier module, 4h pour le suivant
  • gratuit, pas de prérequis nécessaire

Liste (non exhaustive) d’organismes proposant des MOOCs

Les plateformes généralistes

De nombreuses plateformes se sont spécialisées dans la mise en ligne de MOOC conçus par des universités ou des organismes. Ces plateformes présentent l’avantage d’avoir un contenu diversifié et varié dans le temps. Les plus connues sont FUN (pour France Université Numérique), Coursera, edX.

Moins connu en France, Edulib, qui résulte d’un consortium entre des universités francophones de Montréal, propose également de nombreux cours.

Nous avons ici fait le choix de vous présenter des cours entièrement gratuits, mais certains cours des plateformes généralistes sont payants. D’autres peuvent être suivis gratuitement, mais l’attestation de réussite du cours ne peut être obtenue qu’en déboursant de l’argent (notamment sur Coursera).

Les sites thématiques

Il existe également des universités ou sites thématiques, qui proposent des cours temporaires (sous le format de MOOC) ou des parcours disponibles toute l’année. Il est donc intéressant de voir régulièrement les nouveautés de leur programme !

En voici le détail (par ordre alphabétique) :

MOOC Bâtiment durable

La plateforme MOOC Bâtiment Durable est  issue d’un projet collaboratif de l’ensemble des professionnels de la filière bâtiment, du Plan Bâtiment Durable et de l’ADEME. Elle a pour objectif de sensibiliser les professionnels du bâtiment et de l’immobilier aux thématiques de la transition énergétique ; et de partager au grand public les enjeux de ce types de bâtiment, notamment sur des problématiques privées (rénovation énergétiques des logements par exemple).

Objectif 2030

Les cours d’Objectifs 2030 se concentrent sur le développement durable, l’économie de l’environnement et l’évaluation environnementale, toujours dans un souci d’inclusion sociale. La plateforme est une initiative de l’Institut de la Francophonie pour le développement durable (IFDD), et la plupart des cours sont co-construits avec l’Université Senghor d’Alexandrie. En 2019, près de 38 000 apprenant·e·s, issu·e·s de 53 pays, ont suivi leurs cours.

Telaformation

Portée par Telabotanica, le réseau des botanistes francophones, le site Telaformation est parfait pour s’initier à la botanique et découvrir la richesse de la biodiversité. Plus de 60 000 personnes sont inscrites sur la plateforme, et en apprennent plus sur le monde végétal grâce à un réseau de 42 000 telabotanistes issu·e·s de parcours divers (associatifs, recherche, privé).

Université des Colibris

L’Université des colibris propose de nombreux contenus, tant par leur forme (parcours en ligne de quelques heures, MOOCs de plusieurs semaines, stages ou formations, cursus longs) que par leur thème (éducation positive et bienveillante, sobriété énergétique, agriculture vivrière et biologique, éco-construction, création de lieux de vie…). Plus de 120 000 participants ont suivi une formation depuis 2016.

Université Virtuelle Environnement et Développement durable (UVED)

L’UVED est l’une des huit Universités Numériques Thématiques (UNT) soutenues par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la recherche. Son but est de participer à la transition écologique via un accès au savoir et à l’éducation pour tous. Les thématiques y sont variées, mais on peut citer notament la biodiversité, l’environnement, la gestion des ressources naturelle, l’éco-conception et l’éco-technologie.

Alors, qu’est-ce qui vous tente pour cette nouvelle année ? Avez-vous trouvé l’inspiration pour apprendre de nouvelles choses ?